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Votez pour le trophée Verlaine

Truel de poésie futuriste

  • 113 sujets
  • 1217 réponses

2 avr. 2018 - 17:02



dvb(détenteur du trophée)vs Moon 2.0 vs Mike001


VOTES


Voici venu pour tous de voter pour le trio de poésies qui vous plaira le plus.

"Il vous suffit d'indiquer dans votre réponse à quel texte va votre préférence.

Vous pouvez bien entendu développer votre vote et l'accompagner d'un commentaire pour mettre en valeur les qualités et défauts du texte au niveau stylistique, lexique, orthographique ou en fonction de son originalité, son respect des contraintes et du thème demandés."



Thème et contraintes


L'épreuve consistera donc à rédiger un mini-recueil de trois textes poétiques, chacun explorant une thématique classique ou originale de la Science-fiction (ni fantastique, ni fantasy).

Les textes pourront être variés dans leurs formes ou au contraire répondre au même schéma stylistique (classique, rimé, libre, métrique, haiku, futuriste, inédit...).

La longueur des textes est laissée à l'appréciation des participants ; on tâchera juste d'éviter les épopées épiques de plus de 12 MILLIONS DE MOTS !



Vous avez jusqu'au mardi 24 avril 2018 à 23h59 pour exprimer vos choix.
Que le plus plébiscité gagne !


Duelliste 1


Les mémoires du prisonnier.

Acte I
___

En orbite

Cette geôle céleste pour l'homme qui à jamais
Seul face à la sanction, peut-être assassin qui sait ?
Jésus j'ai peur dit-il , seul prisonnier dans l'infini de l'espace.
Par le hublot de sa cellule il voit au loin des étoiles qui s'entrelacent,
Et tournoyant à un rythme époustouflant comme pour crever le silence.
Il se souvient des notes de piano quand son cœur danse.
Il voit les lumières des vaisseaux, l'harmonie

Qui l'habite
___

Acte II

Pour seul crime d'avoir trop dit de ses pensées, dérive selon la gravité
De ses actes. Et lui Immortel devant l’échafaud car plus loin une sortie.
Une grande cellule blanche aux nombreuses pièces vides, tel est son foyer,
Un simple hublot qui lui offre un aperçu de Tout et de Rien. La symphonie
Raisonne quand il approche la main Droite du bouton rouge de la rédemption.
Il lui suffit d'appuyer dessus pour être libéré dans l'espace, mettre terme
A la solitude par la solitude elle-même. Qui peut donner plus belle version ?
N'ayant pas cette force, l'oublié reste en attendant que le livre se ferme.

Acte III
___

Firmament

Lui rappelant le bruit de la vie, des vagues
Qui s'écrasent sur le rocher ou il brandit la dague.
Une incroyable envie de continuer le voyage quel qu’en soit le prix,
En premier celui de ne plus être lui-même, à force d'observer il a appris.
S'échappant toujours plus loin, vaisseaux bientôt il n'y aura plus.
Les autorités pourront classer l'homme parmi les disparus.
Voguant si fièrement dans sa Bastille céleste

Qui est prisonnier finalement ?

___


Duelliste 2


Le début

Au loin se détache la tache malachite,
La planète devient une bille à jamais,
À bord les passagers sont transis et muets,
Ils tentent de voir autre chose qu'une fuite.

Le cylindre O'Neill par sa couleur anthracite,
Sa rudesse, ses appels et ses maigres mets,
Se transforme en un monastère de méfaits
Où règnent l'anachorète et le cénobite.

Le saint propage l'évangélisation,
L'apostolat nie la colonisation,
La mission est écrite, pas de survie,

Nenni, en aucune façon, c'est le Haut Dieu
Qui efface l'exil, le voyage est pieux,
Il vise à se racheter auprès de Marie.



Le milieu


Il rentre tard, c'est le soir,
Des semaines sont passées, il le sait,
Mais ce qu'il l'a éloigné de chez lui
Le ramène aujourd'hui.
Ses tourments l'ont chassé,
Il dit : « Il suffit, assez.
Mama, Papa, voyez ce bras,
Voyez ce visage, c'est moi de haut en bas,
Qu'importe qu'il soit de chair ou de fer,
Il s'agit de mon choix, de mes droits.
Les circuits qui me composent m'augmentent,
Par pitié, n'écoutez pas les autres, ils vous mentent.
Abandonner mon corps me rend plus fort,
Physiquement et spirituellement.
Un jour, je l'espère, mon esprit se passera de la matière,
Je deviendrai une âme du cosmos,
Me transmuterai dans l'infinie osmose.
Pendant que je me transcende,
Vous devenez cendres,
Vos traditions appellent votre perdition,
Le transhumain supplantera l'humain,
Le moyeu tuera Dieu ».



La fin


Le cylindre est l'abandon, la raison en a quitté les ponts, il n'y a plus d'attaches ou de liens, tout les sépare. Science et religion coexistaient, démonstration et foi s'affrontent. Le front commun de l'humanité a volé en éclat. Les croyances sont étalées sur les murs, les espérances sont collées sous les chaussures ; le sang et l'huile s'amalgament en une pâte nauséabonde ; la chair et le fer ont mal ; les morts abondent.

Au cœur de la machinerie de l'univers, où les Titans se forment, où les probabilités se réalisent, un infime pan de son espace est dédié au chaos. Mille-cent-onze mètres de long suffisent à ces Caïn sanguinaires pour exercer leurs pulsions meurtrières, leurs droits de vie et de mort sur leurs congénères.

Les discours et sermons font place aux grognements désarticulés, les monstres décérébrés ont perdu le contrôle de la barre, les survivants s'éteindront étouffés par la crasse. La folie dans laquelle ils se seront plongés fera perdre le savoir nécessaire pour s'établir sur la terre promise de leur colonie.

Sans unité, ils ne sont que des bipèdes perdus entre deux planètes. L'une détruite, l'autre intangible.


Duelliste 3


Améthystes



1 - Amie


Et toi, amie de toujours.
Émoi lorsque tu entres,
me sers et me consoles.

Tes yeux améthyste,
Ton curieux mimétisme,
Et ce je ne sais quoi,
Qui me fascine et me lie à mes rêves.

Tu es celle qui n'es pas.
Celle qui me suit, m'anticipe et me relève.

Dans ton discret mutisme,
Dans tes gestes délicats,
Se nichent ton talent inné,
Ton rythme programmé.
Dans leurs regards et leurs dédains,
Dans notre quotidien,
Se heurtent notre paix et ma lutte.

Tu es celle qui n'es pas.
Et que pourtant j'aime.
Je t'aime comme un homme aime une machine,
Un maître son esclave,
Un fou un simulacre.

Derrière tes yeux améthyste,
J'ai caché l'âme que j'ai fantasmée
Pour qu'à ton tour,
Toi aussi tu puisses m'aimer.


2 – Berceuil


À nos mères et nos pères,
Et toutes ceulles qui ont longé
La vacuité infinie, affronté
L'espace de la séparation,
L'espoir de la résurrection.

À leurs capitaines sévères,
Et toutes ceulles qu'illes ont abandonné :
Terres, mers et ciels tourmentés,
Hameaux, villes et stations,
Amis, parents et nations.

À nos ancêtres mystérieux,
Et toute leur Histoire désécrite,
Leurs héritages et leurs passions interdites,
Les bois, les oiseaux et les autres légendes
D'un temps révolu sur commande.

À nos enfants miséricordieux,
Et toutes nos lignées futures,
Qui fermeront trop tôt les sutures
De nos plaies vaines de vie,
Vaines de sens, pleines d'oubli.

À nous.
À nous qui suivons le transit
Sans rien faire que vivre
Dans l'attente de mourir
Pour que d'autres naissent,
Enfantent et meurent,
Pour que d'autres naissent
Enfantent et meurent,
Pour que d'autres naissent
Et vivent la grande folie de nos ancêtres.

Puissent-ils se souvenir
De pourquoi ils sont partis ;
De pourquoi ils sont arrivés ;
De pourquoi nous n'aurons jamais vécu.

À notre cercueil et notre berceau :
À notre vaisseau.


3 – épitaphe


:

Ici
Là-bas
Ou ailleurs
Je vous attendrai
Ne vous pressez pas
Un jour vous me rejoindrez
Dans ces langueurs électriques
Niché au plus profond du cyberspace
Je bâtirai un havre pour nos retrouvailles
Là-bas, dans l'éther des informations éternelles
Je planterai les graines d'un jardin calme et prospère
Et nous nous retrouverons, heureux comme au premier jour
v<--->m
o<--->o
u<--->i
s<--->e
e<--->t
t<--->v
m<--->o
o<--->u
i<--->s
Après des années et des vies bien remplies dans cette réalité
Je vous retrouverai dans les lumières artificielles du réseau
Dans l'entrelacs des bits, des flux et des sauvegardes
J'attendrai depuis longtemps déjà votre retour
Dans mon humble pays simulé et virtuel
Et dans l'attente, je bâtirai le havre
Où vous me retrouverez bientôt
À nouveau nous partagerons
Nos rires et nos joies
Je vous attends
D'ailleurs
ici



A vos votes !


  • 23 sujets
  • 532 réponses

Message posté le 19:28 - 2 avr. 2018

Mon vote va au duelliste 1.

Ce premier recueil, j'aime l'histoire et le retournement, comment du désespoir nait la liberté.

Le second recueil, bien écrit, est trop déjà vu dans mon esprit.

Le troisième m'a fait hésiter. J'aime le premier texte et celui du milieu, pris séparément. Je ne vois pas le lien entre les trois en fait, c'est ce que me gêne.

Bravo à tous les trois :)

  • 11 sujets
  • 119 réponses

Message posté le 12:05 - 3 avr. 2018

Grendelor a voté, Grendelor est magnifique.
Soyez comme Grendelor.
En dix minutes c'est fait.


A.A
  • 4 sujets
  • 78 réponses

Message posté le 18:02 - 3 avr. 2018

Je vote pour le dueliste 3, avec beaucoup d'hésitations entre lui et le n°2.

  • 14 sujets
  • 277 réponses

Message posté le 16:37 - 7 avr. 2018

Les trois sont très différents et ma préférence ira pour le second texte.


  • 29 sujets
  • 794 réponses

Message posté le 19:40 - 8 avr. 2018

Grande grande hésitation pour le 1er et le 3eme pour moi ( le second est très bien également qu'on soit d'accord). Je voterai pour le 1er car la texte m'a plus "touché"


quand tout semble aller contre toi souviens-toi que l’avion décolle contre le vent pas avec
  • 30 sujets
  • 190 réponses

Message posté le 15:15 - 24 avr. 2018

Je vote pour le troisième duelliste qui a su au mieux explorer trois thématiques différentes sans s'éparpiller, j'ai beaucoup aimé son langage qui ne m'a pas semblé trop lourd et de fait m'a aidé à m'évader quelques minutes.

Un bravo à vous trois pour ces poésies de belle facture !

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