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2 nov. 2015 - 21:40

Les règles de typographie





En typographie, comme dans bien d’autres domaines s’approchant de près ou de loin à la langue, il existe des règles à suivre afin de permettre une compréhension immédiate de ce qu’on lit. Car si chaque maison d’édition avait dû développer ses propres codes, la lecture serait bien pénible à l’heure actuelle. Ainsi, prendre connaissance de ces règles est primordial, au même titre qu’il faille respecter celles régissant la conjugaison et la grammaire. L’absence de soin apporté à la forme d’un texte est ce qu’un lecteur remarquera immédiatement, et parfois même, cela l’empêchera de poursuivre plus loin. Toutefois, la plus grande vigilance est requise en la matière puisque les règles de typographie anglo-saxonnes se répandent et tendent à s’infiltrer dans les moindres recoins laissés sans surveillance de l’Hexagone (la peur de l’étranger : ça marche toujours pour attirer les curieux).


Retrait de première ligne :

Commençons par le commencement, et en l’espèce ce qui est présent mais auquel on ne prête pas forcément attention : l’alinéa rentrant, ou comme mon traitement de texte le nomme : le retrait de première ligne. Vous pourrez le vérifier, les romans, ainsi que tout ouvrage ou manuel qui se respectent, débutent par un blanc. Cela a pour conséquence de décaler la première ligne de la marge et d’attirer l’œil à l’endroit où la lecture prendra sa source.

Ce retrait associé à un retour à la ligne indique également un changement de paragraphe. Pour indication, on passe à un nouveau paragraphe lorsqu’une idée différente est traitée, que l’on quitte le dialogue pour de la narration, de la narration pour de la description etc. Et l’on saute une ligne entre deux paragraphes quand il y a une ellipse, une modification du décor ou de point de vue, ou encore dans un cadre moins formel – comme présentement – pour séparer les points traités.


P.S. : Sur le forum et le blog il est possible de reproduire un alinéa par la balise suivante : indent (à encadrer avec des crochets)



La majuscule :

Si une œuvre écrite est initiée par un blanc, une phrase, elle, est amorcée par une majuscule. Mais il y a des cas où des majuscules seront utilisées au sein d’une phrase, il s’agit des noms propres (prénoms, noms, monuments, noms de navires etc.), des institutions uniques (Académie française, la Cour de cassation, le Conseil d’État, le Premier ministre etc. ; étonnamment, le « p » de « président de la République française » ne prend pas de majuscule) et des événements caractérisés par leur durée (la guerre de Cent ans, la guerre de Sept ans, la guerre des Six jours).


N.B. : les mois et les points cardinaux ne prennent pas de majuscule. Par contre, quand il est fait mention de l’Ouest de la France, du Sud ou du Nord en tant que région, il faut en mettre une ; de même pour les événements historiques (monarchie de Juillet, révolution d’Octobre).



Les guillemets et tirets :

Il est d’usage d’ouvrir un guillemet français («) pour l’introduction d’un dialogue, guillemet qui sera – tenez-vous bien – fermé à son terme (»). Les prises de parole des divers participants seront indiquées par des tirets cadratins (—), ou demi-cadratins (–) ; à ne pas confondre avec le trait d’union (-) qui relie deux mots ensemble. Le choix de l'un conditionne l'utilisation de l'autre ; si un dialogue débute par un guillemet il ne sert à rien d'ajouter un tiret pour la première réplique, et si un tiret amorce le dialogue, cela signifie que les guillemets français ne seront pas employés du tout.

[…]

Harvey s’est amené.
« Un petit scotch à l’eau, Bukowski ?
– Et comment, Harvey. »

[…]

Contes de la folie ordinaire, Charles Bukowski.



Le guillemet, en l’inversant, peut aussi être utilisé lorsque le dialogue d’un personnage est long et que le découper en plusieurs paragraphe augmente la lisibilité :

[…] Qui aurait pu faire cela sinon les robots ? Nous ignorons quels ordres un Solarien peut donner aux robots ou à l’aide de quels trucs on peut contourner la prétendue Première Loi de la Robotique.
» Ainsi, poursuivit-il, il nous faut quelque peu contourner, nous aussi. Pour autant qu’on puisse le dire d’après les rapports qui nous sont parvenus des autres vaisseaux avant leur destruction, tous les hommes du bord avaient débarqué.

[…]

Les robots et l’empire, Isaac Asimov.



En poésie, cela signale que le dialogue se poursuit sur plusieurs vers :



IX


Le poëme éploré se lamente ; le drame
Souffre, et par vingt acteurs répand à flots son âme ;
Et la foule accoudée un moment s’attendrit,
Puis reprend : « Bah ! l’auteur est un homme d’esprit,
» Qui, sur de faux héros lançant de faux tonnerres,
» Rit de nous voir pleurer leurs maux imaginaires.
» Ma femme, calme-toi ; sèche tes yeux, ma sœur. »

[…]

Les Contemplations, Aurore, Victor Hugo.



Les citations elles aussi sont comprises entre guillemets : « Ô privilège du génie ! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. », disait Sacha Guitry.


Dans l’éventualité d’une citation se trouvant dans un dialogue, ce ne seront pas les guillemets français qui la délimiteront mais le guillemet anglais ( " ) :

[…]

« Oh ! Nous pourrions importer aliments et boissons de la Terre, fit Séléné, amusée, mais en quantité si réduite que ces denrées seraient rares et réservées à un petit nombre d’élu. Nous préférons garder notre faible capacité de stockage pour des biens d’importance vitale. Et puis, nous sommes habitués à ces saletés… ou peut-être alliez-vous employer un mot plus fort ?
– Pas pour le café. Je le réservais à la nourriture. Mais "saletés" suffira…

[…]

Les Dieux eux-mêmes, Isaac Asimov.



N.B. : sous l’influence de la typographie anglo-saxonne, il est courant que les romans ne comprennent pas de guillemets français pour les dialogues.



Les espaces avant et après la ponctuation :

Il est facile de retenir qu’après la virgule, le point et les points de suspension on doit faire une espace avant d’ajouter de nouveaux signes. Toutefois, en ce qui concerne les autres, le doute peut planer. De sorte que pour le point d’interrogation, le point d’exclamation, le point-virgule, les deux-points, les tirets et les guillemets français, une espace les précède et une autre les succède.

Cependant, s’agissant des guillemets et des points de suspension clôturant une phrase de dialogue, une virgule doit être placée à leur suite lorsque le signe est suivi d’une incise de narration.


[…]

— Nous devrions avoir ce qu’il nous faut, mais merci néanmoins. Je demanderai à Barney ; s’il pense avoir besoin d’aide, je vous en informerai, n’ayez crainte », répondit dame Estelle d’un ton emprunt de reconnaissance.
[…]

Honor Harrington, Mission Basilic, David Weber.


[…]

Les cheveux d’Odard se dressèrent sur sa tête tandis qu’il se représentait ce qui se passait actuellement dans une petite chambre à dix années-lumière de distance. Il déglutit péniblement. Pour le moment, le paysage n’était plus qu’une tache vert foncé toute brouillée.
— Dois-je comprendre…, commença-t-il.
Mais il n’alla pas plus loin, abasourdi qu’il était par le timbre perçant de sa propre voix.

[…]

L’homme multiplié, A.E. Van Vogt.



Une espace précède un crochet ouvrant, une parenthèse ouvrante ou un guillemet anglais ; et une espace existe après un crochet fermant, une parenthèse fermante et le second guillemet anglais.

La virgule et le point sont les seuls signes qui peuvent être disposés immédiatement après les trois précédemment cités.


N.B. : en typographie « espace » est féminin, d’où la mention « espaces comprises » pour les appels à textes.



Les chiffres et les lettres :

Laurent Romejko vous le dira – cet homme, à l’instar de Keanu Reaves, ne vieillit pas – on écrit tous les nombres et chiffres arabes en lettres.


Exceptés : les dates (2 janvier 2020) ; les adresses (12 rue du Maréchal Céfran, 29200 BREST) ; les numéros d’articles de lois, décrets, arrêtés, circulaires etc. (article 111-1 du code pénal) ; les numéros de pages et de téléphones ; les formules scientifiques.


Les chiffres romains, exemptés de retranscription littérale, sont généralement employés pour comptabiliser les monarques (Louis XIV, Henri IV) ; les siècles et millénaires (XXIe, IIIe millénaire). Quant aux organisations politiques, culturelles, sportives…, s’il leur est adjoint des chiffres romains (Ve République française, IIIe Internationale, XVIes Jeux olympiques d’hiver) il est courant de les lire en toute lettre (Cinquième République, Troisième Internationale).


N.B. : on ne marque pas : « Ier Empire » ou « IInd Empire », mais « Premier Empire » et « Second Empire ».



L’italique :

L’italique est une graphie inclinée qui ne peut être utilisée que dans certaines occasions : pour des mots de langues étrangères, les notes de musique, le nom donné à des objets (avions, trains, voiture etc.), les titres d’œuvres et les didascalies. Il peut arriver que dans des romans, les pensées d’un personnage soient mises en exergue grâce à l’italique.


N.B. : entre l’italique et les guillemets il faut choisir, les deux ne sont pas cumulables ; les abréviations tirées de langues étrangères peuvent demeurer en une police normale (par exemple : « etc. » ne doit pas être incliné).


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