En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de services tiers pouvant installer des cookies. En savoir plus

Voir les sujets non lus
Marquer tous les sujets comme lus
Accéder aux archives

Désorientation

[Belle Alliance] Méli, Haalysse

  • 121 sujets
  • 105 réponses

5 nov. 2015 - 10:48

Résumé :

Les dragons ont disparu ?
La rumeur enfle lentement et intéresse Algol Daling, journaliste de son état. Nayima quant à elle, est à la recherche de ses souvenirs, de son passé depuis sa perte de mémoire; elle espère trouver une solution auprès des mages et sait que les dragons sont intimement liés à sa situation. C'est ainsi que pour des raisons différentes, ils vont tous deux enquêter sur cette disparition.

Les auteurs :

Algol Daling est joué par Haalysse
Nayima est jouée par Méli

Couleurs des dialogues :


Algol Daling : #cc3333
Nayima : #9EFD38


Compte utilisé par l'équipe rôliste.
  • 159 sujets
  • 1639 réponses

Message posté le 14:29 - 12 mars 2016

Méli a dit :

Nayima était inquiète de sa perte de pouvoir. Elle avait également perdu contact avec Fyryath, son âme sœur, et se sentait abandonnée. Après quelques semaines de réflexion, elle avait décidé de quitter Sûl-Atre pour se rendre à Belle Alliance. La cité administrative pourrait peut-être lui offrir une solution.
En effet, les plus grands magiciens s’y trouvaient et devaient probablement avoir une explication à ce soudain changement.
A défaut, elle pourrait se renseigner auprès de l’administration s’il y avait d’autres cas similaires.

Le voyage fut laborieux, elle se sentait encore faible de ses récents problèmes de santé. Elle n’était pas habituée à subir ainsi la maladie, elle qui avait toujours eût quelques pouvoirs de guérison. Cependant, après le désert de Sûl-Atre, retrouver le contact avec une nature luxuriante était un baume pour son esprit désorienté et accablé par les derniers événements.

La jeune elfe arriva tardivement dans la ville. Elle n’eût pas le courage de monter directement vers les hauteurs réservées aux magiciens. De plus, il ne serait pas inutile de prendre une bonne nuit de sommeil afin d’être cohérente et intellectuellement capable le lendemain d’expliquer son histoire aux magiciens et comprendre leurs discours. Et qui sait de quoi étaient capables ces vieux fous pour la « soigner » ; mieux valait reprendre des forces.

Elle trouva rapidement une auberge qui lui semblait convenable et dont les odeurs qui échappaient par la fenêtre promettaient un succulent repas.
Après avoir réservé sa chambre et commandé le dîner, Nayima s’installa confortablement près de la fenêtre ouverte afin de profiter de l’air frais et particulier des montagnes ainsi que du délicieux fumet qui s’échappait des cuisines et provoquait des gargouillis dans son ventre.

Elle vit sans faire attention un jeune garçon entrer dans l’auberge et se précipiter vers un homme bien plus âgé. Ce fut le ton alarmé accompagné du mot « dragon » qui interpella la jeune femme. Elle tendit l’oreille pour réussir à entendre quelques bribes de la conversation. Le garçon était tout excité et un peu inquiet de rumeurs entendues dans le quartier des magiciens. « Les dragons ont disparus ! » criait-il, « T’imagines ? D’un seul coup, comme ça, disparus ! »


Haalysse

Algol Daling venait tout juste de boucler son article, et il se sentait libre, trop libre. Cette dernière enquête lui avait pris plus de trois mois, et il s’était allègrement noyé dedans. Maintenant, il avait du mal à ne pas avoir de but précis, d’objectifs pour la journée ou les jours à venir.

Après avoir crypté et envoyé ses travaux à son employeur, il avait ressenti une euphorie qui s’était bien vite tarie. Et ce matin, alors qu’il s’était réveillé tôt par habitude, le toujours fringant mais plus très jeune homme regardait pensivement son repas. Il se perdait dans son assiette et semblait observer très attentivement les fibres de ce ragout qu’il s’était préparé la veille. Il avait gardé l’habitude de son père de ne manger que deux gros repas par jour.

Il finit par s’habiller pour sortir et rendre visite à sa vielle amie et amante Izare. Pour se faire pardonner de ne pas l’avoir vu depuis longtemps, il savait qu’il fallait mieux y aller dans un premier temps amicalement, avant d’espérer la revoir pour un rendez-vous galant.

Les retrouvailles écourtées par une obligation professionnelle de la part d’Izare, l’admirateur de cette femme flâna dans le but d’attraper aux vols les conversations les plus anodines des passants. Algol mettait aussi à profit son réseau pour extraire de tout cela la perle rare, le sujet qui lui ferait devenir la pierre angulaire du journalisme actuel.

C’est ainsi qu’il se retrouva dans l’auberge de l’enclume, après avoir déambulé dans le quartier. C’était  l’un de ses repaires préférés pour obtenir des informations. Mais hélas, ce soir-là il n’y avait pas grand monde et le journaliste craignait de rentrer les mains vides. Heureusement, le jeune Laevis se précipita soudain sur lui, surexcité :

« Les dragons ont disparus ! » criait-il, « T’imagines ? D’un seul coup, comme ça, disparus ! »

Il vit assez rapidement que la remarque de son informateur ne passa pas inaperçue. Une jeune elfe et, non d’elle, une présence non identifiable avaient clairement tendu l’oreille. Flairant autre chose que les délires d’un vieil adolescent, Algol se leva, vida sa choppe d’un trait et calma du regard son interlocuteur.

« Viens Laevis, allons en discuter plus calmement et, si tu me refiles un vrai sujet, tu auras ta récompense, comme d’habitude. »

Accompagné du turbulent garçon, Algol Daling sortit donc de l’auberge en espérant ne pas rater l’information capitale de la soirée en se concentrant sur celle de son compagnon. Il se pouvait que ce soit un simple délire populaire et que les deux individus ayant réagit soient des simples badauds fascinés par les dragons. Il le saurait bien assez vite.


Méli

Nayima hésitait. Elle avait du mal à croire à un hasard et l'envie la démangeait de suivre le duo. Mais elle était tellement fatiguée. En fait, elle se sentait même usée, comme si le poids des âges devenait trop lourd à porter. Elle était bien trop jeune pour ressentir cela.

L'absence de Fyryath avait provoqué la perte de son équilibre et son esprit en souffrait bien plus que son corps. Il devenait urgent de découvrir la raison de cette perte de pouvoir et la disparition de son âme dragon.
Il devenait urgent de réagir avant de perdre l'envie de vivre et la volonté de se battre. La jeune femme se leva et, d'un pas décidé, prit la suite du jeune garçon et de l'homme.


Haalysse

Tandis qu’Algol Daling franchissait la porte de la taverne, il crut voir du mouvement venir de la table où se tenait l’elfe qui avait réagi aux propos du jeune Laevis. Prudent, il se décida à tourner en rond dans le quartier avant d’aller se poser dans un endroit qu’il savait sûr. Le journaliste conduit ensuite son compagnon vers une place assez déserte et s’assis sur un banc, étrangement placé bien au milieu de l’esplanade. Si quelqu’un souhaitait les écouter, il ne pourrait le faire discrètement.

« Alors Laevis, racontes-moi un peu cette histoire de disparition de dragon. J’espère que tu tiens vraiment quelque chose… »

« Oh oui, Algol, tu ne vas pas être déçu ! » répondit l’intéressé tout excité.


Méli

La jeune elfe était extrêmement déçue; elle qui espérait entendre rapidement la rumeur et pouvoir rentrer se reposer, se retrouvait à suivre le duo dans les ruelles. Sans compter qu'elle avait la désagréable sensation de tourner en rond.

Elle commençait à très sérieusement hésiter à abandonner la mission quand ils cessèrent enfin leur étrange balade. La joie fut vite remplacée par la déception, il n'y avait aucun moyen d'entendre discrètement leur conversation; les bougres avaient décidé de s'installer loin de toute cachette...

Nayima ne pouvait se résoudre à rebrousser chemin. L'idée d'avoir fait tout ce trajet supplémentaire pour rien l'a découragé bien plus que l'éventualité d'aller aborder les deux hommes. Elle prit son courage à deux mains et se dirigea déterminée, vers les bancs où ils conversaient:

"Excusez-moi... Bonsoir. Je ne souhaite pas vous déranger mais je n'ai pu m'empêcher d'entendre à l'auberge... vous parliez de dragons disparus?"


Haalysse

Tandis que Laevis allait commencer sa tirade surexcitée, une personne s’approcha franchement d’eux :

« Excusez-moi... Bonsoir. Je ne souhaite pas vous déranger mais je n'ai pu m'empêcher d'entendre à l'auberge... vous parliez de dragons disparus? »

« Bonsoir ! Oui, c’est exaa… », commença bêtement Laevis.

Surpris de reconnaître son interlocutrice, le léger trouble d’Algol était perceptible dans le ton de sa voix quand il coupa la parole à Laevis avant qu’il ne commette un impair :

« Bonsoir jeune femme. Vous êtes la propriétaire de l'oreille indiscrète que j'ai remarquée à la taverne, n'est-ce pas ? Et visiblement, vous nous avez suivis jusqu’ici. Hum. Peut-être auriez-vous la gentillesse de vous présenter ? »

Il ne savait pas qui était cette elfe et il ne voulait pas qu'une rivale s'empare de son sujet. Quoi qu'en y regardant de plus près, cette dernière ne ressemblait pas à ce que l'on peut attendre d'une journaliste belle- allancienne. Elle semblait plutôt sortir d'une traversée du désert éprouvante plutôt que de l'antichambre des jeux de pouvoirs de la capitale. Plus il l’observait, plus il  était curieux d'en savoir plus.

« Cela constituerait un bon début. » ajouta-t-il avec un sourire.


Méli


Nayima n'avait pas eu conscience de se montrer si impolie et en était gênée. Malgré cela, elle trouvait les paroles du plus âgé de ses interlocuteurs un peu dur et brusque. Il semblait très méfiant pour si peu.
Cependant, après réflexion, c'était probablement compréhensif après avoir était suivi par une inconnue.

"Certe... je suppose que me présenter est la moindre des choses. Je m'appelle Nayima, elfe. Je suis arrivée en fin de journée à Belle Alliance afin d'y consulter un mage pour ... raisons personnelles.
Je vous présente mes excuses pour mon impolitesse."
La jeune femme commençait à franchement ressentir la fatigue mais surtout, elle était fort mal à l'aise de la situation.
"Je... c'est que..." bafouilla-t-elle avant de déclarer: " Je suis simplement concernée par les dragons d'un point de vue personnel, je ne veux pas vous importuner"



Haalysse

Tandis que la jeune femme se présentait, Algol crut déceler une grande fatigue chez elle.

« Et bien enchanté Nayima, je me prénomme Algol et voici l’imprudent Laevis. »

« Salut ! » dit Laevis d'un ton enjoué.

« Mais on a l’impression que vous allez chanceler d’une minute à l’autre, asseyez-vous donc. »

En disant ces mots, l'homme décala son grand corps et proposa d'un geste élégant à la jeune elfe de s’asseoir sur le banc. Se faisant, il la regardait de ses yeux marrons en espérant la comprendre. Laevis, lui, n’eut pas d’autres choix que de rester debout.

« Donc vous vous intéressez aux dragons pour des raisons personnelles ? Hum, disons que moi c’est plus pour des raisons professionnelles. Mais je ne voudrais pas vous importuner avec ces détails. »

« Racontez-moi donc ce que vous cherchez à savoir, et peut-être aurons-nous quelques choses à vous apporter ? » demanda-t-il, un sourire qu'il voulait franc et engageant se dessinant sur son visage asymétrique et oblong.

Algol était d'un naturel méfiant, mais il ne lui semblait pas que Nayima les ait approché pour lui voler son sujet. Au contraire, il pansait même qu'elle pourrait lui être d'une grande aide pour compléter les propos de Laevis. Il regretta d'ailleurs qu'elle ne les ai pas abordé un plus tard, cela lui aurait permis de savoir le contenu de la rumeur plutôt que de broder sur une « disparition des dragons ». Il allait devoir improviser s'il voulait garder la main dans cet échange et en sortir quelque chose de productif pour lui. Il fronça alors ses sourcils épais, signe de grande concentration chez lui.


Méli

Nayima n'était pas loin de s'évanouir; pouvoir s'asseoir fut un grand soulagement. Elle sentait les vertiges se pointer. Déjà la sensation d'être tirée en arrière, en bas du crâne, commençait à se faire forte. Sa vue périphérique devenait flou et la nausée montait.

La jeune femme se pencha en avant, la tête entre les jambes, les yeux fermés et pris de longues et lentes respirations. Elle avait besoin de sucre! Il lui semblait que depuis que Fyryath avait disparu, elle ne cessait de manger. Peut-être son esprit essayait-il de combler un vide. Elle se sentait aussi très lasse et fatiguée, même après un bon repos. L'absence de son âme compagnon avait peut être créé un déséquilibre...

"Arrête d'émettre des hypothèses et SOIGNE-TOI!"

Elle devait sérieusement commencer à délirer pour entendre Fyryath l'engueulait... il lui manquait tant.

Les vertiges diminuaient, elle put lentement se redresser. D'une voix encore un peu faible et cependant suffisamment ferme pour ne souffrir aucune discussion, elle déclara:

"Le marché ne me convient pas et comme vous pouvez le constater je ne suis pas en état de négocier. Je ne souhaite pas évoquer des problèmes personnels avec un inconnu en échange d'une simple rumeur que je pourrais probablement trouver moi-même. Je vous présente une fois de plus mes excuses. Bonne soirée."

Elle se leva, un peu vacillante, bien décidée à trouver rapidement un endroit où se nourrir.


Haalysse

A la suite des propos de la jeune elfe, Algol s'affola légèrement. Il n'avait pas du tout prévu un refus aussi catégorique, et surtout il s'inquiétait de son état. Il n'aurait pas dû être aussi ferme alors qu'il avait clairement vu qu'elle était amoindrie. Cette erreur stratégique lui fit se mordre la lèvre inférieur.

Nayima se leva ensuite, chancelante, et amorça un premier pas pour partir.

« Attendez Nayima. Ne partez pas comme cela. Tenez, prenez ma carte, et une fois que vous irez mieux, nous pourrons en reparler.  »

En disant ses mots, le journaliste se leva et tendit sa carte professionnelle à son interlocutrice. Il pensait qu'elle pouvait lui être vraiment utile sur ce sujet, il ne fallait donc pas qu'elle se braque dès le début.

« Je vais chercher des informations supplémentaires de mon côté - et, sans me vanter, je suis assez doué pour cela - donc je pense vraiment que nous pouvons être gagnant-gagnant. Je n'aurais pas dû être aussi égoïste dans mes propos, veuillez m'en excuser. Et surtout, permettez-moi de vous ramener à votre auberge. Je ne voudrais pas laisser une personne amenuisée dans les rues de Belthil sans béquilles humaines sur lesquelles se reposer. Et promis, nous ne parlerons pas de ce sujet houleux entre nous pendant le trajet. »

Algol jeta alors un regard à Laevis pour voir si celui-ci était d'accord pour ramener la jeune elfe à son auberge avant de lui délivrer la rumeur que le jeune informateur avait réussi à capter. Son visage très inquiet à destination de Nayima rassura l'homme quant au fait que l'échange d'informations pouvait attendre. Il s'approcha donc de la jeune femme, pour lui proposer son bras, dans une attitude sereine et rassurante.


Méli

Nayima aurait été bien en peine de refuser de l'aide, elle mettait toutes ses forces dans la volonté de ne pas tomber dans les pommes.
Algol tint sa promesse et n'évoqua pas les dragons; il n'essaya même pas d'en savoir plus sur elle ou pourquoi la jeune elfe était si affaiblie. Cette soudaine gentillesse la laissait méfiante mais le comportement de Laevis trahissait une véritable inquiétude.

De retour à l'auberge, on lui servit de quoi grignoter avant l'arrivée de son repas. Elle reprit rapidement quelques couleurs, mais son corps resta trop avachi pour ne pas trahir sa grande fatigue. Cependant, la douleur avait suffisamment reflué pour qu'elle puisse fixer Algol et lui proposer:

"Je ne pense pas pouvoir être disponible les deux jours à venir. D'ici là, si vous êtes toujours intéressé, je vais probablement rester dans cette auberge; vous pourrez m'y retrouver ou me laisser un message. De mon côté, je garde votre carte."
Elle marqua un temps d'hésitation avant d'ajouter avec un faible sourire "Et merci pour votre aide"

Le repas tant désiré arriva enfin et la jeune elfe se concentra sur la nourriture comme si sa vie en dépendait.


Haalysse

Le trajet jusqu’à l’auberge de Nayima s’était déroulé de manière plutôt agréable pour Algol Daling. Peu habitué à sympathiser avec des inconnus, il ne s’était pas attendu à avoir la volonté sincère d’aider quelqu’un, sans attendre d’information en retour, du moins pour l’instant.

Quoi qu’il en soit, il avait accompli sa mission et pensait repartir quand sa faible compagne lui proposa de se retrouver dans quelques jours.

« Et merci pour votre aide » ajouta la jeune femme tandis que son repas arrivait.

Algol ne s’attendait pas à ce revirement de situation, mais fut ravi du résultat.

« Je vous en prie. Je ne suis peut-être pas le plus serviable des compagnons, mais je ne pouvais pas vous laisser toute seule dans ces ruelles. Je vais à présent vous laisser à votre repas, et je reviendrai donc vous voir dans deux jours. »

Il ajouta avec un sourire : « Le rendez-vous est pris. »

« Et toi Laevis, tu fais quoi ? Tu ne m’as toujours pas dit ce que tu voulais me dire. Allez viens, laissons Nayima se ressourcer tranquillement. » dit-il en se retournant vers son informateur.

Il ne voulait pas perdre plus de temps, il devait absolument en savoir plus sur cette histoire de dragons. Il sentait qu’il y avait là matière à faire un bon article et se désolait de ne s’être jamais intéressé à autre chose qu’aux intrigues politiques belle-allianciennes. Après avoir écouté le jeune Laevis, il lui faudra compenser ses lacunes, et le journaliste pensa de suite à son ami Iranis.


Méli

Nayima s'endormit comme une masse. Le sommeil fut réparateur bien qu'elle sentait toujours une certaine lassitude. Un bon déjeuné prit, elle se dirigea vers les hauteurs afin de demander conseil aux mages.

Plusieurs semaines auparavant, elle avait envoyé un courrier explicatif et demandé un rendez-vous. La jeune femme espérait avoir été entendu; elle se dirigea vers l'accueil avec toute l'appréhension du patient qui ignore si sa situation est grave, qui redoute les nouvelles tout en souhaitant en finir avec l'ignorance.

Elle fut cependant surprise de la réaction de la secrétaire. Cette dernière n'eût pas besoin de chercher ses notes pour se rappeler son nom et elle l'emmena directement dans la grande tour. Nayima pensa qu'elle était devenue assez tendue, elle lui jetait de fréquents coups d’œil curieux.
La jeune elfe peinait à suivre le rythme très rapide de son guide et les marches semblaient interminables.
Les couloirs sans personnalités aux portes de bois toutes identiques firent peu à peu place à de belles décorations et des salles accueillantes aux meubles ouvragés. Il était évident qu'elles étaient arrivées dans les bureaux des plus imminentes personnalités.
Pourtant, la secrétaire ne ralentissait toujours pas, traversant les salles sans s'attarder, sans même un regard pour les quelques rares individus qu'elle croisait et qui tentait de l'aborder.


Haalysse

Le lendemain de sa rencontre avec Nayima, Algol Daling se réveilla soucieux. Ce que lui avait dit Laevis ne s'était pas révélé intéressant. Les dragons auraient disparus suite à des soucis confrériques. Soit, mais encore ? Il ne savait même pas ce que "disparus" signifiait : ont-ils disparus physiquement ? Ou est-ce leur pouvoir ? Sont-ils juste partis, ou se cachent-ils ? etc.

Algol n'avait pas été en mesure d'en apprendre plus. De rage, il avait rapidement demandé à son informateur de le laisser (tout en le dédommageant bien sûr) et c'était attaqué à son répertoire de contact.

Au delà d'Iranis, il ne voyait pas trop qui contacter. Cet homme fut son grand ami, du moins dans leurs premières années de journalisme, mais ceux-ci avaient pris des chemins différents. Même s'il savait que son ancien acolyte serait ravi de le revoir, Algol hésitait car il détestait parler pour ne rien dire. Mais il n'avait pas le choix.

Il contacta donc l’assistant d'Iranis et pris rendez-vous le même jour, vers 14h au café de la Place, celui-là même où les journalistes politiques zonent pour espérer détecter des informations pertinentes.

Il prit donc son temps pour se préparer et chercher de son côté des informations sur le fonctionnement confrérique. il s'agissait de ne pas paraître totalement démuni en face d'Iranis.


Méli

Nayima avait fini par croire, au cours du trajet, que les mages avaient créé des couloirs sans fin afin de perdre les visiteurs ; que derrière les portes qu’elle croisait, ces vieux fous se moquaient sans vergogne.
Mais elle arriva enfin à destination, la secrétaire s’était arrêtée devant un bureau où attendait une femme d’un âge certain, à l’air très peu commode.
Peu avenante et sans un regard pour la jeune elfe, elle s’adressa sèchement à la secrétaire :

« C’est pour quoi ? Elle a rendez-vous ?»

Nayima se faisait la réflexion qu’aucun n’aurait l’idée de se perdre dans ses couloirs sans une très bonne raison. Elle s’attendait à entendre son guide répliquer tout aussi sèchement mais elle la vit faire un mouvement de recul et répondre d’une petite voix :

« C’est le rendez-vous de Monsieur Tilion… Madame »

Après une courte de pause et face à l’air impassible de son oppresseur, elle ajouta dans un chuchotement :

« Monsieur Tilion a expressément demandé à voir immédiatement madame Nayima dès son arrivée et… »

« Elle est arrivée maintenant sombre idiote ! Vous le voyez bien ! Qu’attendez-vous pour retourner à votre poste ?! » l’interrompit la vieille acariâtre.

Nayima hésita à supplier la pauvre secrétaire qui venait de se faire rabrouer, de ne pas l’abandonner aux mains de cette sorcière mais elle fila si vite qu’elle n’eût le temps que d’ouvrir la bouche avant qu’elle disparaisse de sa vue.

« Vous comptez rester là à buller longtemps » la réprimanda son si agréable nouvel interlocuteur.

La jeune elfe ignora la remarque et rejoignit grincheuse dans un nouveau périple dans les couloirs interminables. Elle fût si surprise du brusque arrêt de son guide qu’elle faillit bien lui rentrer dedans. Avec un peu de chance, la vieille peau  n’aurait pas survécu et Nayima aurait obtenu une récompense pour service rendu.

« Il vous attend » indiqua-t-elle avant de faire demi-tour sans lui laisser le temps de poser la moindre question.

Nayima commençait à sérieusement s’agacer d’être ainsi bourlinguée partout sans explication. La moutarde lui montait au nez, d’autant plus qu’elle mourrait d’envie d’aller aux toilettes. Elle n’osait pas retourner sur ses pas sans guide de peur de se perdre. Et il faut bien l’admettre, elle était aussi bien contente d’être débarrassée du vieux dragon.
Elle en arrivait à la conclusion de la nécessité de toquer à la porte délicatement ouvragée, dans l’espoir d’y trouver une personne un minimum agréable ET susceptible de répondre à ses questions ; la plus primordiale étant la localisation des toilettes les plus proches.
Avant même sa mise en mouvement, la porte s’ouvrit d’elle-même ; Ou peut-être du fait de l’homme qui attendait derrière. Il était d’apparence assez jeune bien qu’ayant une expérience affichée, droit et fière au milieu d’un bureau beaucoup trop grand pour un mage commun ou moyen. La décoration laissait à penser qu’il s’agissait d’un personnage imminent.

« Je vous attendais et j'vous ai entendu derrière la porte… comme vous n’entriez pas, je suis venu à votre rencontre. » déclara-t-il avec un sourire charmeur bien qu’avec une pointe de moquerie.

Il attendait visiblement une réponse, ou tout au moins une réaction, mais la jeune elfe était bien trop occupée à rechercher dans la pièce des indices sur son interlocuteur.

« Je suis Tilion » poursuivit-il en lui tendant chaleureusement la main.


Haalysse

Algol Daling arriva un peu avant 14h au café de la Place. Il repéra rapidement Iranis, visiblement en train de finaliser un entretien avec une jeune femme inconnue.

Lorsqu’il fut sûr que son ami soit libre, le journaliste d’investigation entra et se dirigea vers lui.

« Iranis ! Mon vieil ami, comment vas-tu ? »

Le dénommé Iranis leva la tête vers Algol Daling avec un grand et franc sourire. Son maintien et sa tenue différaient en tout point de son ami. De lui transparaissait une classe indéniable, finement soulignée par son costume du même gris que ses cheveux.

« Algol, vieux gogol ! Et bien, ça fait longtemps dis-moi ! Mais assis-toi voyons, ne restes pas debout comme un idiot ! »

Ses propos et son ton amical contrastaient avec son apparence et Algol fut heureux de voir qu’il n’avait pas changé sur ce point. A l’aise, leur propos allèrent bon train jusqu’à ce qu’ils se souviennent de pourquoi ils s’étaient donné rendez-vous.

« Mais dis-moi, Algol, tu voulais me voir pourquoi déjà ? »

« Et bien en fait, j’ai un service à te demander. Ou plutôt un petit cours. Je suis sur un dossier, et je recherche des informations qui se rapprochent plus de ton domaine. Des relations entre confréries. »

« Oh, en effet, tu t’éloignes un peu de tes sujets de prédilections. Mais pourquoi cherches-tu des informations sur ce sujet ? »

Iranis était suspicieux, et Algol ne souhaitait pas qu’il lui vole son sujet. Il fallait jouer intelligemment, avant d’avoir les informations voulues, sans attiser la curiosité du renard grisonnant qui le regardait à présent avec un air faussement interrogatif.

Algol rassembla donc ses esprits, pour être le plus efficace et retors possible. Il expliqua à son ami qu'il s'intéressait à une nouvelle figure politique originaire de Sûl-Atre. Le passé trouble de cet individu - inventé de toutes pièces - toucherait aux confréries.

Le talent du journaliste fut apparemment suffisant pour que son ami lui explique rapidement le fonctionnement confrérique et les différentes relations politiques entre elles. Il se perdit même dans des anecdotes cocasses, qui n’intéressèrent guère l'interlocuteur d'Iranis.

Ce dernier se dit donc que son informateur ne lui serait pas d'une grande aide. Il tenta tout de même une approche.

« J'ai tout de même entendu qu'en ce moment il y avait pas mal de mouvement dans certaines confréries. En aurais-tu entendu parlé ? »

« Du mouvement ? Non je ne vois pas trop. A part peut-être dans la confrérie du sang. j'ai entendu que mal de leurs membres ont un comportement étrange en ce moment. On m'a même rapporté qu'un de leur membre aurait perdu la mémoire. Mais je n'en sais pas plus. Pourquoi me demandes-tu ça ? »

Algol broda autour de l'histoire qu'il avait inventé pour qu'Iranis soit satisfait. Puis ils changèrent de registre avant de se quitter. Algol Daling se demandait maintenant si sa jeune interlocutrice de la veille n'avait pas elle aussi un rapport avec cette confrérie du sang. Elle semblait vraiment faible et déboussolée. Il lui fallait encore un peu creuser la question et décida de tenter de trouver des membres de la confrérie du sang.


Méli


Tillion mettait tout en oeuvre pour inspirer confiance à Nayima; il jouait à la fois de son charme et d'humour et même de sollicitude. Loin de rassurer la jeune femme, cette campagne de séduction la rendait nerveuse. Elle était venu chercher un érudit, un conseiller, pour obtenir des réponses, pas un charmeur de serpent.

Tillon sembla à court d'idée à la fin d'un monologue où il avait, à nombreuses reprises, tenté d'engager Nayima dans la conversation. Muette, elle n'avait même pas touché à son thé ou aux petites douceurs. Il laissa échapper un bruyant soupir qui surprit son interlocutrice si tendue. Il prit quelques secondes avant de se redresser bien droit; son regard se fit plus froid et déterminé.

"Vous n'êtes pas facile à charmer ma chère. Je dois être trop habitué au cirque habituel de la scène politique de ", avec son lot de faux-semblants et ses luttes de pouvoirs à coup de campagne de charme et de mielleries... ou de coup bas.
Essayons une approche plus directe et sincère.
"

Il hésita encore sur la marche à suivre mais prit sa décision; il fixa fermement Nayima, semblant la défier :

" Vous avez été membre de la Confrérie du Sang, n'est-ce-pas?"

La question provoqua une étrange réaction chez la jeune femme. Nayima vit d'étranges images défilées sans pouvoir s'y attarder, puis une douleur fulgurante se fit sentir à hauteur de son estomac, à l'endroit même de cette cicatrice qui avait mis tant de temps à guérir.


" Je vois ... vous êtes l'un d'eux. Peut-être avons-nous une chance alors!" déclara Tillon avec un soulagement évident, une tension qu'elle n'avait pas remarqué sembla disparaître de ses épaules.

" Allongez-vous, reposez-vous, je vais chercher mes collègues " lui ordonna-t-il avant de disparaître par une porte si délicatement ouvragée qu'elle se confondait avec le reste du décors et qu'elle ne l'avait pas remarqué précédemment.


Nayima reprenait lentement son souffle. Elle ne se rappelait pas de cette Confrérie mais pourtant son corps avait brutalement réagit à son évocation.

Une demi-douzaine de mages accompagnait Tillion. Ils lui posèrent une flopée de questions pour lesquelles elle n'avait pour la plupart, aucune réponse. Cependant, son ignorance semblait tout aussi intéressante pour son public.
Enfin ils en vinrent à la raison de sa présence: sa perte de pouvoir. Et enfin, ils la laissèrent parler, longuement et avec patience. Elle décrivit son état depuis son réveil à Sûl-Atre, sa perte de mémoire. Elle eût quelques réticences à raconter ses délires durant son rétablissement, mais Léonis lui avait fait promettre de tout raconter; il avait insisté, elle devait parler de Fyriath.
Alors elle ne cacha rien et partagea toute sa folie. Son long discours fut éprouvant mais elle se sentit soulagée. Les mages jusque là attentifs et patients, s'étaient montrés très réactifs à la mention du dragon; certains avaient même peiné à refréner leur enthousiasme.

Tillion avait décider de mettre fin à l'entretien afin de calmer ses collègues. Il avait raccompagné Nayima, lui promettant qu'elle était entre de bonnes mains dorénavant, qu'elle ne devait plus s'inquiéter et devait se reposer car les entretiens seraient longs et épuisants.


Le lendemain matin, une voiture l'attendait à l'auberge. La qualité de l'attelage et le délicat ouvrage du véhicule ne laissait aucun doute sur son origine: elle avait rendez-vous avec les mages.


Haalysse

Le lendemain de sa rencontre avec Iranis, Algol avait tenté de recueillir des informations sur la confrérie du sang, le seul indice a peut près exploitable qu'il avait réussi à avoir. Il s'était donc dirigé vers les archives de ", persuadé qu'une information existait quelque part.

Lorsqu'il demanda au chargé d’accueil de l'orienter, celui-ci fut surpris par sa requête :

« Encore la confrérie du sang ? C'est marrant... » laissa-t-il échapper avant de répondre à la demande du visiteur.

« Je vous remercie pour ces informations, mais je n'ai pas pu m’empêcher de noter que vous avez commencé par "Encore la confrérie du sang". Quelqu'un d'autre serait venu se renseigner ? »

« Oui, un mage je crois bien. Enfin, il en avait l'allure si vous voyez ce que je veux dire ! Il est venu la semaine dernière, c'est pour ça que je m'en souviens. Il était accompagné d'une novice. Elle avait l'air toute excitée de venir ici, ça faisait plaisir à voir. »

« Oui, c'est sûr, j'imagine que vous devez être ravi quand on se rend compte de l'importance de votre travail. » Le journaliste se pencha en avant, comme s'il se confiait : « Dites, vous ne sauriez pas, par hasard, qui est ce mage ? Je recherche en fait des informations pour un ami, mais si je ne les trouve pas peut-être faudrait-il que je l'oriente vers cette personne ? »

« Oh si bien sûr, tout est enregistré là. Attendez un instant s'i-vous-plait. »

Algol nota ces informations, et porta ses pas vers le rayon indiqué par le serviable jeune homme qu'il venait tout juste de quitter. Il frissonnait à mesure que l'excitation de la recherche lui retournait les tripes. On aurait dit qu'il avait une crise de folie, mais Algol n'en avait cure : maintenant, seul l'article comptait. Son esprit pensait très rapidement et il se disait ainsi que le soir même, il allait retourner à la taverne pour rejoindre la jeune Nayima. Cette entrevue allait compléter ces découvertes du jour, il en était sûr.


Méli

Deux jours durant, les mages ne cessèrent de lui poser des questions et tester ses capacités magiques.
Elle tenta d'obtenir des réponses à ses propres interrogations mais sans succès. Seul Tillion prenait garde à ce qu'elle ait des pauses régulières, qu'elle soit nourrie et de ne pas dépasser les limites de la jeune femme. Pour autant, Nayima rentrait épuisée de ces séances.


Un début d'après-midi, l'elfe s'amusait à observer Tillion et les autres mages négocier le nombre de questions accordées avant de lui permettre de se sustenter. Une dernière fut autorisée avant la pause repas.

"Avez-vous eu des nouvelles d'autres membres de la Confrérie du Sang?"

Nayima fut surprise, tous semblaient croire évident qu'elle ait des liens avec cette Confrérie au nom morbide.
"Je ne sais rien de cette Confrérie, encore moins de ses membres."

Une vague de murmures étonnés agita son public. "Mais enfin, Tillion nous a affirmé que vous en étiez membre! Et vous êtes lié à un dragon ce qui est une preuve en soi de votre appartenance. "

Face à l'incrédulité de Nayima, ils se retournèrent vers Tillion : "Pourquoi avoir affirmé qu'elle en était membre?"

"Elle a réagit douloureusement à la mention de la confrérie. J'en ai peut-être fait des conclusions trop hâtive"répondit-il penaud, " Mais elle connaissait les dragons, elle avait forcément un lien!".

Un silence pesant s'installa de longues minutes avant qu'une nouvelle avalanche de questions submerge Nayima. Les mages n'avaient plus aucune retenue, la jeune femme se sentie rapidement débordée et inquiète. Alors qu'elle s'enfonçait dans son siège au fil de ce flots ininterrompus de paroles qui ne lui laissait aucun répit, elle eût rapidement l'air d'un animal affolé acculé.

Tillion stoppa brusquement la séance, il dut user de force et de cris pour débarrasser son bureau de ses collègues. Il s'approcha prudemment de Nayima en lui parlant doucement:

"Je suis désolé Nayima.

Sincèrement.

Rentrez et reposez vous. Je vais vous accompagner.
"

Elle le suivit en silence, d'abord lentement, le temps de reprendre contenance. C'est au moment de se quitter pour prendre la voiture qui l'attendait qu'elle l'interpella d'une voix précipitée et inquiète:

" Qu'est-ce-que cette Confrérie? Pourquoi cela semble-t-il si important? Quelle est le rapport avec moi?"

Tillion, gêné, hésita quelques secondes avant de répondre: " Nous ne devons pas intervenir dans le processus de récupération de votre mémoire en vous le révélant. Cela fausserait les tests. "

" Je ne suis pas un sujet d'expérience" lui assena-t-elle en colère avant de claquer la porte au nez du mage. Le cocher prit cela pour le signal du départ et ce n'est qu'au vide que Tillion put répondre, triste: " Mais c'est nécessaire pour vous guérir... "


Haalysse

Algol Daling avait réussi a trouver des informations très anciennes sur la confrérie du sang. Il semblerait que cette confrérie réunisse des personnes aux pouvoirs immenses et liés à des dragons. Le lien entre les deux s’épaississait et le journaliste s’interrogeait sur le rôle de Nayima dans toute cette histoire. Elle lui avait paru très fragile pour avoir eu une quelconque place au sein de cette confrérie, mais peut-être se trompait-il ?

Quoi qu'il en soit, ce n'était pas en se plongeant dans ces rouleaux anciens, même s'ils étaient passionnants, qu'il trouvait son information. Il se décida alors à aller voir la personne dont le bibliothécaire lui avait donné le contact. En sortant de ce lieu de savoir, il n'oublia tout de même pas de donner son propre contact à ce si mignon jeune homme qui l'avait grandement aidé lors de ses recherches sait-on jamais...

Arrivé devant le conseil des sages au sein duquel il espérait trouver le mage qu'il cherchait, que ne fut pas sa surprise quand il vit Nayima en sortir, escorté par un homme d'une assurance certaine. La jeune elfe au contraire ne semblait pas à l'aise et semblait même s'énerver contre son compagnon.

Algol était trop loin pour comprendre ce qu'elle disait, mais il courra pour tenter de l'aborder en criant son nom :

« Nayima ! Nayima ! »

« Je ne suis pas un sujet d'expérience » disait-elle alors qu'elle claquait la porte de sa voiture au nez du mage. Elle ne semblait pas avoir entendu le journaliste.

Algol sauta donc sur le rebord de la voiture, ouvrit en vitesse la porte et se retrouva maladroitement au côté de Nayima avant que la voiture ait eu le temps de réellement démarrer. Nayima dut se décaler promptement pour ne pas être écrasée par son poids certain.

« Bonjour Nayima ! » fit-il avec un grand sourire, un brin essoufflé tandis qu'il refermait la porte.


Méli

L'elfe retint un hurlement. C'était d'ailleurs bien plus le choc de cette arrivée impromptue qu'un véritable contrôle de ses nerfs qui lui permit d'éviter de se ridiculiser.

Presque assommée par la prestation de l'importun, elle mit quelques minutes avant de reconnaître Algol.
L'homme, qui n'était plus de première jeunesse, peinait à retrouver un souffle régulier; il offrit cependant un large sourire à la jeune femme en la saluant.
Nayima décida qu'elle s'était suffisamment énervée pour aujourd'hui, qu'elle n'avait pas la force de mener une nouvelle bataille, et surtout que cet homme n'y pouvait rien si elle avait passé une journée exécrable.
Elle souffla un bon coup, lentement, puis rendit son sourire à son compagnon de voyage.


Une entrée très surprenante!

Quelque peu risquée également ... ajouta-t-elle, pensive.

J'y pense, j'ignore votre profession. Alors Monsieur Algol, pourquoi vous intéressez-vous au dragons professionnellement? demanda-t-elle en insistant sur le dernier mot.

Certes la jeune femme n'avait pas envie de se disputer plus encore, mais ce n'est pas pour autant qu'elle se laisserait manipuler davantage, par d'autres, sans obtenir aucune information.



Haalysse

L'entrée d'Algol sembla déranger fortement la jeune elfe qui réussit tout de même à reprendre ses esprits et entra directement dans le vif du sujet :

« J'y pense, j'ignore votre profession. Alors Monsieur Algol, pourquoi vous intéressez-vous aux dragons professionnellement ? »

« Et bien, on peut dire que vous êtes directe vous ! » répondit le journaliste en rigolant.

Au moins, il pouvait jouer carte sur table avec elle : Nayima semblait moins retors que la plupart des gens qu'il pouvait côtoyer à Belle Alliance. Il se détendit donc et soupira avant de répondre à la jeune femme qui le regardait avec des yeux encore énervés par l'altercation qu'il avait surpris devant le conseil des mages :

« Ma profession ? Je suis simplement journaliste. Je viens de finir mon dernier article et j'étais à la recherche d'un nouveau sujet. Je recherche des sujets forts que personne ne traitera avant moi. Et c'est là où mon jeune informateur m'a parlé de la disparition des dragons et que je vous ait rencontré. »

La jeune femme semblait dubitative.

« Cette question m'intrigue, tout simplement. Et une fois que j'ai un sujet, je ne le lâche pas. Je veux savoir ce qui se cache derrière et le disséquer totalement. Et c'est pour ça que je peux vous être utile : j'ai la méthode et une addiction certaine à ma profession. »

« Je suis un incorrigible curieux.» ajouta-t-il avec un sourire charmeur.


Méli

Partagée entre la colère et le besoin d'en savoir plus, Nayima resta pensive durant un long moment. Le trajet arrivait à sa fin quand elle reprit enfin la parole:

"" Elle l'observa quelques minutes encore, pas encore convaincue par sa décision.

L'arrêt de la voiture mit fin à son débat intérieur. Elle ouvrit sa portière et invita son compagnon de route à la suivre. Elle entra dans l'auberge et se dirigea vers la table la plus éloignée et discrète de la salle. La journée avait été très éprouvante, elle commanda un chocolat chaud en espérant y trouver du réconfort et du courage.

La serveuse partie préparer les boissons, la jeune femme dut se résigner à s'expliquer. Son camarade se montrait étonnement patient, ne lui donnant aucune excuse pour fuir la discussion.

" Elle prit une longue inspiration avant de poursuivre dans un souffle: A cette évocation elle se sentit indignée et un éclair de colère la secoua. Son ton devint plus sec."


^