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Trop

Recueil 2019

  • 24 sujets
  • 562 réponses

24 oct. 2019 - 09:13

Travaux en cours

Trop empathique, hypersensible, susceptible, timide ... Ce sont des mots que j'ai entendu dès mon enfance. Sans pour autant savoir vraiment ce que c'était, c'était un poids sur mes épaules. Vers 13 ans, je ne sais plus ce que j'ai vu à la télé, info, guerre, famine... Toujours est-il que je n'ai pas dormi de la nuit et le lendemain j'étais en pleurs, le cœur fendu, disant que je ne pouvais rien faire pour eux, que le monde était injuste. Je décidais alors de devenir Médecin Sans Frontière, pour les aider. Un an plus tard, je partais en voyage en Egypte. Tous ces enfants, sales, murmurant « Backchich, bakchich » en te tendant une poupée en tissu, et ma mère me disant « Ne donne rien, si tu donnes à un, il faudra que tu donnes à tous », et moi honteuse de ne rien faire pour eux, de ne pas leur donner tout ce que j'avais et le cœur brisé de les voir si démunis. Un an ou deux plus tard, je décidais que Médecin Sans Frontière, ce serait trop dur pour moi, que je ne pourrai pas tous les sauver et que je passerai mon temps à pleurer. C'est ça, être hypersensible et empathique.

En parallèle, je m'initiais au jeu de rôle, à l'écriture. Je pouvais être quelqu'un d'autre, mieux, qui je voulais.

18 ans. Grosse fête avec les copains. On rigole beaucoup. Tellement que la crise de rire vire à la crise de larmes. Trop d'émotions. Et je ne sais qui qui sort un truc du genre « T'es pas drôle, on rigolait bien et là tu casses l'ambiance ». Oui, être hypersensible, ce n'est décidemment pas drôle. J'aimerai bien y remédier.

J'ai 19 ans et le garçon avec qui je vis depuis quelques mois, avec qui je suis depuis presque deux ans, rompt avec moi. Terrassée par ce qu'il me dit lors de la rupture, je coupe les ponts avec lui. Je ne veux plus le voir. Du coup, je vois moins mes amis pour éviter tout problème.
Fin de deuxième année d'université, beaucoup de ceux de notre groupe partent de la région. Les contacts s'amenuisent et disparaissent très vite. Je me sens seule, même si j'ai un copain, à distance. Je me refais une amie, on se met en colocation et c'est le drame. Décidemment, les relations sociales, c'est pas mon truc. Je garde mes distances dorénavant.

J'ai arrêté d'écrire et de jouer. J'ai mûri. Enfin, c'est ce que je me dis.

Je continue mes études et ma relation à distance. Je mets encore plus de distance en partant à l'autre bout de la France. Je rencontre de nouvelles personnes, me fais des amis, change de copain, me remets à jouer. Je me remets même à écrire, grâce à un second cercle d'amis, en ligne ceux-là. Je reprends le jeu de rôle, me crée un personnage qui me ressemble (ou me ressemblait à un certain moment) : très gentil, pacifiste, empathe à l'excès. Ce personnage évolue, entre dans un famille, fonde sa propre famille et est rattrapé par ce monde pourri. Tout comme moi.

Ma relation amoureuse est compliquée, tout pour lui, rien pour moi. Cela impacte mon travail de doctorat. Mes amis de travail s'éloignent. Je perds pied. J'ai besoin d'être forte.

Je crée un second personnage, femme libre, indépendante, portant ses démons mais les maitrisant, sans attache amoureuse, libre d'aimer. Je m'en inspire, elle déteint sur moi. Et pourtant, la chose à laquelle j'aspire le plus, c'est de fonder une famille.

J'ai passé mon doctorat, nouveau changement de lieu. Mon amoureux me suit. Et le miracle se produit, la famille se forme. Sauf que... Sauf que la relation bat de l'aile. Sauf que j'ai été voir ailleurs, en femme libre qui se cherche. Drame. Drame dans mon cœur, déchiré par tous ces sentiments. Il faut vraiment que je devienne forte.

Je décide de tuer mon premier personnage. Tuer ce cœur battant trop vite, trop fort. Je tente d'avoir ce qui compte le plus pour moi, cette famille tant rêvée.

Dès le début, les douleurs sont atroces. Je suis incapable de marcher vingt mètres. Je tiens bon. Je quitte mes amis, je rejoins ma famille pour panser mes plaies. La douleur reflue. Les mois passent et la famille s'agrandit. La vie prend un nouveau cours. Sauf que...

Sauf que rien n'a changé. Tout pour lui, rien pour moi. Je fais tout, il ne fait rien, mis à part me couper des miens. Je sombre. Ma seule lueur est un petit être qui demande une présence constante et m'épuise. Pour lui, je fais le deuil de mon rêve. Séparation.

Seule, je dois être forte. La douleur s'installe. Je gère. J'ouvre petit à petit la porte aux autres, renoue des liens, fais rentrer un nouvel amour dans ma vie. La lumière revient. La douleur s'intensifie. Je ne lâche rien. Je suis forte maintenant. Indépendante. Libre de choisir en conscience. Je prend tout à bras le corps, sans rien dire. Je ne pleure plus, sauf d'impuissance devant ces petits êtres qui prennent toute la place. J'écris sporadiquement.

J'ai mal. Aucun traitement n'agit. C'est l'enfer. Je teste tout et arrive devant un kiné aveugle ayant développé une technique sur les fréquences. Il fait exploser l'armure. Comme ça. D'un geste. Je n'ai plus mal. Rien du tout.

J'ai à nouveau quinze ans. Tout me touche, me traverse, me transperce. Il va falloir apprendre à gérer, sans cacher. Mais je suis forte maintenant. Les autres devront s'y faire.

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Message posté le 14:35 - 24 oct. 2019

Trop empathique, hypersensible, susceptible, timide (pas d'espace avant les points de suspension) ... Ce sont des mots que j'ai entendu (entendus) dès mon enfance. Sans pour autant savoir vraiment ce que c'était, c'était un poids sur mes épaules. Vers 13 (treize) ans, je ne sais plus ce que j'ai vu à la télé, info, guerre, famine... (répétition des points de suspension) Toujours est-il que je n'ai (avais) pas dormi de la nuit et le lendemain j'étais en pleurs, le cœur fendu, disant que je ne pouvais rien faire pour eux, que le monde était injuste. Je décidais (décidai) alors de devenir Médecin Sans Frontière (Médecin sans frontières), pour les aider. Un an plus tard, je partais (partis) en voyage en Egypte (Égypte). Tous ces enfants, sales (cet adjectif mériterait plus de développement), murmurant « Backchich, bakchich » (bakchich) en te (pourquoi un pronom à la deuxième personne et pas à la première ?) tendant une poupée en tissu, et ma mère me disant (proposition de réécriture : « Tous ces enfants, salis par une journée à courir après les touristes, murmuraient « Bakchich, bakchich ». Ils me tendaient une poupée en tissu et je pouvais voir leurs petites mains déjà abîmées par le travail. Ma mère me disait alors : [...] ») « Ne donne rien, si tu donnes à un, il faudra que tu donnes à tous », et moi honteuse de ne rien faire pour eux, de ne pas leur donner tout ce que j'avais et le cœur brisé de les voir si démunis. Un an ou deux plus tard, je décidais que Médecin Sans Frontière, ce serait trop dur pour moi, que je ne pourrai pas tous les sauver et que je passerai mon temps à pleurer. C'est ça, être hypersensible et empathique.

(la misère perturbe le personnage principal mais cela ne se ressent pas suffisamment. Il n'y a pas assez de détails qui la montre et l'explique ; ma proposition de réécriture vise à approfondir ce sujet)

En parallèle, je m'initiais au jeu de rôle, à l'écriture. Je pouvais être quelqu'un d'autre, mieux, qui je voulais.

18 (Dix-huit) ans. Grosse fête avec les copains. On rigole (auparavant le récit était au passé, là il passe au présent) beaucoup. Tellement que la crise de rire vire à la crise de larmes. Trop d'émotions. Et je ne sais qui qui sort un truc du genre « T'es pas drôle, on rigolait bien et là tu casses l'ambiance ». Oui, être hypersensible, ce n'est décidemment (décidément) pas drôle. J'aimerai (aimerais ; les souhaits sont au conditionnel) bien y remédier.

J'ai 19 (dix-neuf) ans et le garçon avec qui je vis depuis quelques mois, avec qui (la répétition ici, prise seule, n'est pas gênante, mais il y en a déjà plus haut et il y a un trop grand emploi de « que » et « qui », cela alourdit le style) je suis depuis presque deux ans, rompt avec moi. Terrassée par ce qu'il me dit lors de la rupture, je coupe les ponts avec lui (inutile, on sait que c'est lui). Je ne veux plus le voir. Du coup, je vois moins mes amis pour éviter tout problème.
Fin de deuxième année d'université, beaucoup de ceux de notre groupe partent de la région. Les contacts s'amenuisent et disparaissent très vite. Je me sens seule, même si j'ai un copain, à distance. Je me refais une amie, on se met en colocation et c'est le drame (en quoi ?). Décidemment (Décidément), les relations sociales, c'est pas mon truc. Je garde mes distances dorénavant.

J'ai arrêté d'écrire et de jouer. J'ai mûri. Enfin, c'est ce que je me dis.

Je continue mes études et ma relation à distance. Je mets encore plus de distance en partant à l'autre bout de la France. Je rencontre de nouvelles personnes, me fais des amis, change de copain, me remets à jouer. Je me remets même à écrire, grâce à un second cercle d'amis, en ligne ceux-là. Je reprends le jeu de rôle, me crée un personnage qui me ressemble (ou me ressemblait à un certain moment) : très gentil, pacifiste, empathe à l'excès. Ce personnage évolue, entre dans un famille, fonde sa propre famille et est rattrapé par ce monde pourri. Tout comme moi.

Ma relation amoureuse est compliquée, tout pour lui, rien pour moi. Cela impacte mon travail de doctorat. Mes amis de travail s'éloignent. Je perds pied. J'ai besoin d'être forte.

Je crée un second personnage, femme libre, indépendante, portant ses démons mais les maitrisant, sans attache amoureuse, libre d'aimer. Je m'en inspire, elle déteint sur moi. Et pourtant, la chose à laquelle j'aspire le plus, c'est de fonder une famille.

J'ai passé mon doctorat, nouveau changement de lieu. Mon amoureux me suit. Et le miracle se produit, la famille se forme. Sauf que... Sauf que la relation bat de l'aile. Sauf que j'ai été voir ailleurs, en femme libre qui se cherche. Drame. Drame dans mon cœur, déchiré par tous ces sentiments. Il faut vraiment que je devienne forte.

Je décide de tuer mon premier personnage. Tuer ce cœur battant trop vite, trop fort. Je tente d'avoir ce qui compte le plus pour moi, cette famille tant rêvée.

Dès le début, les douleurs sont atroces. Je suis incapable de marcher vingt mètres. Je tiens bon. Je quitte mes amis, je rejoins ma famille pour panser mes plaies. La douleur reflue. Les mois passent et la famille s'agrandit. La vie prend un nouveau cours. Sauf que...

Sauf que rien n'a changé. Tout pour lui, rien pour moi. Je fais tout, il ne fait rien, mis à part me couper des miens. Je sombre. Ma seule lueur est un petit être qui demande une présence constante et m'épuise. Pour lui, je fais le deuil de mon rêve. Séparation.

Seule, je dois être forte. La douleur s'installe. Je gère. J'ouvre petit à petit la porte aux autres, renoue des liens, fais rentrer un nouvel amour dans ma vie. La lumière revient. La douleur s'intensifie. Je ne lâche rien. Je suis forte maintenant. Indépendante. Libre de choisir en conscience. Je prend (prends) tout à bras le corps, sans rien dire. Je ne pleure plus, sauf d'impuissance devant ces petits êtres qui prennent toute la place. J'écris sporadiquement.

J'ai mal. Aucun traitement n'agit. C'est l'enfer. Je teste tout et arrive devant un kiné aveugle ayant développé une technique sur les fréquences. Il fait exploser l'armure. Comme ça. D'un geste. Je n'ai plus mal. Rien du tout.

J'ai à nouveau quinze ans. Tout me touche, me traverse, me transperce. Il va falloir apprendre à gérer, sans cacher. Mais je suis forte maintenant. Les autres devront s'y faire.


J'ai vu ton message disant que c'était un premier jet, mais j'ai tout de même commenté comme je le fais d'ordinaire, ne sachant pas quels points tu comptais déjà retravailler.

Comme l'abondance de couleur dans le premier paragraphe en témoigne, j'ai trouvé que le début est plus bancal que le reste. Je n'ai pas ressenti que le personnage était particulièrement empathe, compte tenu que ce qui le touche n'est pas trop développé. Et bien que le style se fluidifie à mesure que le texte défile, ce manque d'approfondissement ne m'a pas fait rentrer dans la narration.

Si je ne suis pas un fervent défenseur du fameux « Show, don't tell », force est de constater que le lecteur aura du mal à ressentir de la compassion pour le personnage si celui-ci ne fait qu'étalage de ses problèmes, an par an.

J'ai hâte de lire les prochains jets (:


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